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Le photovoltaïque est parti du mauvais pied.

dimanche 11 septembre 2016, par PH

L’engourment pour le photovoltaïque est à la fois délirant par les sommes investies et ridicule par son effet sur le bilan énergétique. L’augmentation de la puissance du parc installé est de l’ordre de 70 GW cette année, c’est à dire en production d’électricité, celle de 8 à 12 réacteurs nucléaires,de 1 GW alors que l’augmentation de la consommation électrique mondiale est de l’ordre de 100 GW. Le photovoltaïque est subventionné annuellement de deux milliards d’euros en France et d’une dizaine de milliards d’euros en Allemagne.

Le photovoltaïque que nous connaissons est celui des panneaux plats. Ces panneaux requièrent une quantité importante de silicium, qui n’est pas recyclé, ainsi que les polymères qui le protègent. La croissance du photovoltaïque a permis une baisse des coûts par effets d’échelle et ce photovoltaïque subventionné a laissé de côté un photovoltaïque plus vertueux : le photovoltaïque à concentration (CPV en anglais). Il s’agit de réduire, l’investissement dans la cellule en concentrant jusqu’à un facteur mille la lumière par une lentille.

En plus des contraintes habituelles du solaire (recherche du foncier et nettoyage des capteurs) , il faut suivre la course du soleil par un mécanisme à deux axes pour que la cellule photovoltaïque reste sur la focale de la lentille. En revanche, on peut utiliser une lentille à meilleure rendement (pratiquement 30 % au lieu de 10-15 % pour les panneaux plats.) et la production est presque constante une grande partie de la journée au lieu de faire un pic avec des panneaux plats. Le temps de retour énergétique est divisé par quatre.

Il existe quelques centrales CPV, la plus importante (0,2 GW) a été construite au sud du désert de Gobi dans le Turkestan chinois, deux autres parcs plus modestes se trouvent en Afrique du Sud et au Colorado :

Le développement subventionné conjugué au dumping chinois a changé la perception des panneaux plats. Leur coût a baissé par effet d’échelle. Ce qui était un scandale monstrueux (racheter le kilowattheure quinze fois le prix du nucléaire historique) est devenu une imposture (faire croire qu’un kilowattheure fluctuant produit en opposition avec la demandea la même valeur qu’un kilowattheure assuré) ; le photovoltaïque vertueux a été laissé, lui, sur le chemin : Le leader Soitec a abandonné son activité, la société innovante française héliotrop a été rachetée. La question est de savoir si la technique la plus vertueuse pourra rattraper la technique moins propre. Face à tant d’erreurs ces dix derniers années, il est vraiment temps de remplacer les idéologues par des ingénieurs dépassionnés qui remplaceront la dichotomie bien/mal par la distinction efficace/inefficace.


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