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Superphénix : un parti politique qui a la mémoire courte

lundi 25 octobre 2010, par PH

Un extrait de la déclaration du gouvernement Jospin sur sa politique énergétique le 2 février 1998 :

« En effet, ce prototype lancé dans les années 1970 dans un contexte de pénurie d’énergie et de faiblesse estimée des ressources en uranium, est désormais inadapté au contexte actuel : le parc de centrales classiques suffit amplement à subvenir aux besoins de la France ; il n’y a pas aujourd’hui de tension sur les prix de l’énergie, ni de pénurie dans l’approvisionnement en uranium ; la filière de surgénération ne semble pas avoir de perspective industrielle à court terme
 »

Voici la réponse signée Strauss-Kahn, Voynet, Pierret envoyée à l’exploitant de Superphénix le 20 avril 1998 :

« Vous avez déposé le 27 octobre 1992 conformément aux disposition du décret....une demande d’autorisation de création de l’installation nucléaire de base dite « centrale de Creys Malville » située dans le département de l’Isère. Après examen de la situation sur les plans juridique, technique et économique et à la suite de la réunion des Ministres du 2 février 1998, il a été décidé de répondre par la négative à votre demande précitée [celle d’octobre 1992 alors que Ségolène Royal était ministre de l’environnement !] et donc de ne pas autoriser le redémarrage de la centrale nucléaire... Nous vous prions de croire, Monsieur le Président, à l’assurance de notre haute considération. »

Enfin voici la déclaration de Claude Allègre dans Slate.fr le 24 octobre 2010 :

« Fondée sur l’isotope 235 de l’uranium , le nucléaire thermique n’utilise en gros qu’un centième de l’uranium naturel (l’isotope 238 étant 137,6 fois plus abondant que l’isotope 235). De ce fait, si la filière nucléaire se développe dans le monde, le problème des réserves d’uranium –et donc du prix du métal– poserait rapidement des questions qui mettraient en cause la pérennité et la rentabilité de la filière... »

Claude Allègre a le toupet d’ajouter :

« La France a une solide expérience dans ce domaine avec l’expérience réussie des centrales de type Phénix et l’échec technique des réacteurs géants de type Super phénix. »

Rappelons que l’histoire du réacteur de Superphénix s’est déroulée pendant le contre-choc pétrolier et après Tchernobyl (1986-1997) Son fonctionnement a été perturbé plus par de multiples entraves médiatiques, juridiques et administratives que par des problèmes techniques inhérents à une tête de série. Pour savoir comment fonctionnait Superphénix, il vaut mieux s’en tenir à des faits :

Le réacteur a fonctionné toute l’année 1996 en produisant 3,7 TWh malgré des autorisations de montée en puissance chichement accordées : l’autorisation de monter à 90% de la puissance nominale n’ayant été accordée que le 25 octobre 1996.

Lorsque l’on met la centrale à l’arrêt le 24 décembre 1996, pour sa visite décennale les ingénieurs et techniciens de Superphénix savouraient discrètement le succès de dix années de travail opiniâtre accompli...


Voir en ligne : http://www.slate.fr/story/29041/ite...

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