Accueil > Questions énergétiques > Analyses critiques des politiques énergétiques > ça gaze pour l’Union Française de l’Électricité

ça gaze pour l’Union Française de l’Électricité

lundi 7 mai 2012, par PH

En novembre 2011, l’Union française de l’électricité a publié avec le concours du cabinet Estin&Co l’étude : électricité 2030, quels choix pour la France ? dans laquelle il est proposé trois scénarios énergétiques pour la production d’électricité : électricité nucléaire à 70%, 50% ou 30%. Ces scénarios se basent sur une augmentation de la consommation de 500 à 560 TWh, résultant d’une croissance du PIB de 1.5% et d’une maîtrise ciblée de la demande électrique (50% des actions du Grenelle)

L’UFE qui connaît mieux la production électrique que les auteurs de négaWatt, décrit ce qui risquerait d’arriver : le développement de l’éolien et du photovoltaique s’accompagnerait d’une production équivalente d’électricité d’origine fossile. La balance commerciale de la France plongerait de 6 G€/an (milliards d’euros par an) dans le cas d’une production nucléaire à 50% et de 10 G€/an pour un parc nucléaire à 20%. Les émissions de CO2 pourrait augmenter de 20% alors qu’il faut les diviser par quatre.

En 2030, l’UFE donne trois augmentation de prix HT du kWh en fonction de la part d’électricité nucléaire : +3 à 4 c€/kWh pour une part de 70%
+6 c€ pour le scénario à 50% et +8 c€/kWh pour le scénario à 20%.

Les erreurs de l’UFE

L’UFE n’ a pas d’abord pris en compte le plafonnement de la production pétrolière avant 2020 et son déclin en 2030. Donc d’ici cette date, il faudrait électrifier la plupart des usages. . La demande électrique devra donc augmenter et le solde exportateur sera plus faible que prévu dans le scénario le plus favorable ou vraiment déficitaire.

La deuxième erreur découle de la précédente : le prix du gaz dans les scénarios de l’UFE est de 3,4 c€/kWh [1], c’est le prix du gaz actuel en Europe, or il sera impossible de maintenir un tel prix du gaz dans les années à venir sans exploiter les gaz de schistes.

Enfin, l’UFE a sous estimé le prix de l’éolien offshore dont le dernier appel d’offres a récemment crevé les plafonds en passant d’une estimation de 12 à un coût réel de 20 c€/kWh

Le prix de l’électricité augmenterait donc plus fortement que le prévoit l’UFE, et il monterait d’autant plus vite que l’on diminue la part du nucléaire.

Le scénario oublié de l’UFE

Si on allait dans le sens du progrès avec un scénario de production d’électricité 80% nucléaire, alors l’investissement dans la production serait plus faible de 20 G€. L’investissement dans les réseaux serait également moins élevé et par conséquent l’augmentation du prix du kWh serait limitée à 2-3 c€/kWh. . Pendant la période 2010-2030, les émissions de CO2 de la France et de l’Europe diminueraient le plus rapidement. Et à partir de 2020-2030, le parc nucléaire pourrait alors fournir en été la chaleur et l’hydrogène nécessaires à la production massive de biocarburant. C’est le seul choix pour notre pays si l’on veut maintenir la croissance économique pour affronter la mondialisation et gérer le vieillissement de la population.


[1page 19

Un message, un commentaire ?

Forum sur abonnement

Pour participer à ce forum, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d’indiquer ci-dessous l’identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n’êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.

Connexions’inscriremot de passe oublié ?